Biographie

 

 
Avec le peintre Armand Nakache, 1952.
 

Gerard

L’artiste dans son atelier parisien, 1971.
 

Gérard Murail est né à Paris, au cœur de St Germain des Prés, le 16 février 1925. Il passe une partie de sa prime enfance dans une solitude campagnarde, parmi les forêts et les étangs, et son imagination créatrice restera puissamment imprégnée par ce contact immédiat avec la nature.

Etudes à Paris, sous l’occupation allemande. Anime, avec d’autres étudiants, la revue clandestine «Accords ››, qui publiera Audiberti, Cendrars Cocteau etc. et où il fera ses débuts de critique d’art. Journaliste professionnel en 1947 au Havre, il devient grand reporter.

En 1948, il rejoint le mouvement « épiphaniste ››, qui rassemble écrivains et artistes autour de l’écrivain d’art Henri Perruchot.

Avec le maître de l’Expressionnisme fantastique Armand Nakache, il publie un ouvrage de grand luxe, « Le Clown Égaré››, en 1951. Conférencier, critique, réalisateur d’expositions et de spectacles, éditeur livres d’art et de disques, il fonde en 1954 la première association française de diffusion de gravures et lithos, le Club Français des Amateurs d’Estampes, avec le peintre Carréga. Il crée en 1956 la première collection de livres-disques de poésie, avec la collaboration des peintres Carréga, Jef Friboulet, Barlach Heuer, Robert Lapoujade…

A partir de 1961, il collabore activement à la revue « Cinquième Saison ››, dans laquelle Henri Chopin associe les poètes et les peintres les plus novateurs du moment.

A la mi-62, il s’installe à Paris, au cœur du Marais, avec sa femme et leurs quatre enfants nés au Havre : Tristan, Lorris, Marie-Aude et Elvire, qui vont tous devenir artistes.

En 1963, Gérard Murail participe à la grande rétrospective d’art contemporain au Grand Palais dont il rédige le catalogue-histoire de l’art actuel.

En 1964, il réalise l’ouvrage «Dix ans de Comparaisons ›› (musée d’Art Moderne), avec le concours des principaux critiques d’art.

Il collabore au groupe « L’espace Intérieur ›› constitué par le peintre André Valézy et, en 1962, réalise ses premiers « poégrammes ›› qui seront réunis en album (1971).

Son œuvre poétique s’est imposée depuis 1957, avec la parution de « Portulan ›› au Mercure de France, et son originalité de prosateur avait été remarquée lors de la parution de son premier roman « Célia ››, aux éditions du Seuil en 1953. Sa peinture a, elle aussi, retenu l’attention des amateurs, mais ce n’est qu’à partir de 1970 qu’il exposera régulièrement, participant d’abord à divers salons, à Paris et dans la région parisienne, en compagnie d’autres artistes.

Sa première exposition personnelle dans une galerie du Marais (Eugénie, 1971), fait écrire au grand poète et critique Jean Rousselot : «Gérard Murail prolonge tout naturellement dans sa peinture son entreprise de réhabilitation langagière. Je dirai plutôt son action. Toutes les convulsions, toutes les arborescences, tous les fondus et glacis, toutes les allitérations et paronomases de la matière-mère y sont, non pas singés ou analysés, mais saisis au vol, aidés, poussés à leur plus haut degré de signification par un œil fraternel qui entend et qui parle >›.

Les expositions se succèdent. Le critique Jean Caillens, directeur d ‘une célèbre galerie parisienne, observera avec beaucoup de profondeur : << L’originalité de Gérard Murail n’est pas de promouvoir un style (celui de l’artiste créateur) mais de laisser le sujet agir, se défaire, se construire selon ses lois structurelles, ses nécessités organiques, ses métamorphoses imprévues. D’où cette diversité d`écriture, d’atmosphère… Il ne saurait s’agir ici de reproduire la nature, moins encore de la fixer, mais de l’interroger, de la suivre. L’expression plastique est à sa plénitude lorsque la matière-objet et l’esprit qui la révèle, communient dans les mêmes rythmes et se reconnaissent sous les mêmes signes ›>.

Le pouvoir de suggestion de cette peinture convainc aussi, malgré son extrême liberté, les tenants d‘un art plus traditionnel. Ce qui lui vaudra une médaille d’argent de la Fédération nationale des Beaux Arts et, dans un article de Jean Fournier, cette constatation :

<< L’artiste a réussi à sortir de l’alternative figuration-abstraction, par la création de formes exceptionnellement évocatrices, toujours tirées de la réalité mais avec une liberté savante qui incite le spectateur à le suivre dans ses suggestions inépuisables. >> ( La Revue Moderne, mai 1976).

Une importante présentation publique des œuvres de Gérard Murail a été faite à la galerie Cardo-Matignon en février 1976. A son sujet, Jean-Marie Tasset écrivait dans le Figaro : << Là, fait merveille l’imagination qui invente de nouvelles visions: végétations tourmentées, marines glacées, bois stratifiés. Une beauté constante, tour à tour paisible et violente, toujours poétique, exprime toute cette force sauvage captée à la source du fantastique. ›>

Jean de la Ferté